L’oucarpo

Malgré l’apparente similitude, la situation de l’Oucarpo n’a que peu à voir avec celle de son ancêtre oulipien il y a plus d’un demi-siècle. La littérature, même non potentielle, était déjà  donnée  d’emblée  comme  foyer  d’expression  et  d’émotions.  L’une  des  tâches  de l’Oulipo consistait même à souligner combien la rigueur, la logique et les mathématiques traversaient cette ardeur. Le point de départ de l’Oucarpo est tout autre : la cartographie s’est constituée et peu à peu définie comme un ensemble rigoureux et strictement codifié de pratiques et de règles.

A partir du XIXe siècle, l’abandon des termes « cosmographe », « géographe » ou « peintre »au profit du « cartographe » signe une intention technique restrictive : produire  des objets et dispositifs cartographiques qui ne seraient esthétiques ou producteurs d’affects qu’en second lieu et comme par rebond. Là où l’Oulipo entendait valoriser la rigueur littéraire, l’Oucarpo  doit  donc  souligner  combien  l’expression  constitue  une  réalité  propre  à  la plupart des opérations cartographiques. Qui pourrait en effet contester la haute technicité des questions de projection de surface courbe sur un plan, des algorithmes portant les Systèmes d’Information Géographiques ?

Reste au contraire à souligner comment ces démarches peuvent renforcer non seulement le repérage et la connaissance, mais aussi l’abandon, la perte, l’incertitude et l’imagination. Les  artistes  n’ont  heureusement  pas  attendu  l’Oucarpo  pour  se  mettre  au  travail.  Ce sera l’un des rôles de l’Ouvroir que de contribuer à documenter la façon dont les artistes du XIXe siècle se sont progressivement réappropriés le langage cartographique (14-18, Dada et autres avant-gardes, surréalisme, art conceptuel, situationnisme, Land Art, etc.). Cette généalogie devrait permettre de mieux comprendre ce qui nous semble désormais évident : le croisement de la cartographie et de l’art contemporain est reconnu comme  légitime et parfois fécond, comme en témoignent d’innombrables travaux d’artistes et des  expositions de plus en plus fréquentes.

L’Oucarpo dans Libération

la carte de Jérémy Gargniaux annoncée dans Libération :

Russell square est bien carrée, mais envahie de cercles en tous genres y compris des "vous êtes ici" qui jouent aux quatre coins
Russell square est bien carrée, mais envahie de cercles en tous genres y compris des « vous êtes ici » qui jouent aux quatre coins.

Contact : oucarpo@laposte.net

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